Les trois plaies de l'assurance-chômage

Pierre Cahuc / professeur à l’Ensae CREST et à l’Ecole polytechnique Stephane Carcillo / chef de la division emplois et revenus à l’OCDE Francois Fontaine / professeur à l’université Paris-I, Ecole d’économie de Paris.

LE CERCLE/POINT DE VUE - Notre système d'assurance-chômage alourdit le coût du travail et favorise l'instabilité de l'emploi. Il faut en changer les règles afin d'encourager les chômeurs à la reprise d'un emploi durable.

Le gouvernement prépare une ouverture de l'assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants afin de faciliter les transitions professionnelles. Pour que cette ouverture soit viable, il est urgent de transformer dans le même temps un système aujourd'hui structurellement déficitaire. Le régime d'assurance-chômage cumule près de 40 milliards d'euros de dette et, sur les vingt dernières années, il n'a été excédentaire que 5 fois. Ce n'est pourtant pas faute de collecter des ressources importantes, puisque, pour chaque salarié, l'ensemble des contributions patronales et salariales à l'assurance-chômage représente chaque année près d'un mois de salaire net.

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Pôle emploi : l’ardoise de l’État laissée par Hollande

Autre cadavre laissé dans les placards par le quinquennat précédent : une dette de 150 millions d’euros de l’État, qui a contraint Pôle emploi à puiser dans ses réserves. Elle sera remboursée en 2018, mais…

La taxe sur les dividendes annulée par le Conseil constitutionnel n’est pas la seule ardoise laissée par François Hollande. Outre ces 10 milliards d’euros, l’État a accumulé entre 2015 et 2016 une dette de 150 millions d’euros à l’égard de Pôle emploi, qui n’a pas été remboursée à la fin du quinquennat.

Ce trou dans les caisses correspond à l’Allocation temporaire d’attente (ATA) que Pôle emploi était chargé de verser aux demandeurs d’asile et à des personnes en attente de réinsertion pour le compte de l’État. La réforme du droit d’asile a mis fin à cette anomalie en novembre 2015. L’ATA a été remplacée par l’ADA (Allocation pour demandeurs d’asile), désormais gérée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Il était en effet paradoxal de confier à Pôle emploi une allocation pour des bénéficiaires qui n’ont pas le droit de travailler pendant l’examen de leur demande d’asile. L’ADA s’élève à 6,80 euros par jour, et 11 euros pour ceux qui ne sont pas hébergés.

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Pôle Emploi : le directeur dénonce les "amalgames" et "idées reçues"

Le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, se dit "marqué" par les "idées reçues", "amalgames" et "violences" exprimés récemment à l'égard de ses agents et des demandeurs d'emplois, dans une tribune parue mercredi sur le site du Huffington post. "Twitter et les réseaux sociaux en général sont devenus des sources d'informations incontournables à propos de l'emploi et des enjeux qui s'y rapportent", écrit-il.

"Pour autant, j'ai été particulièrement marqué par le nombre d'idées reçues et d'amalgames qui y ont été exprimés dernièrement, ainsi que par la violence de certains commentaires adressés aux agents de Pôle emploi ou aux demandeurs d'emploi eux-mêmes", poursuit-il, après des propos polémiques, notamment de la part de personnalités politiques. "Loin de moi l'idée de rejeter toute piste d'amélioration dans la gestion d'un chômage qui demeure massif", mais "tout comme celui visant les demandeurs d'emploi, trop rapidement assimilés à des +profiteurs du système+, le dénigrement systématique de nos agents ne rend pas justice à leur travail", relève M. Bassères.

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Les agences Cadres de Pôle emploi, c'est bientôt fini !

C’est officiel. Pôle emploi va fermer les espaces qu’elle dédiait jusqu’alors aux cadres. Ce que regrette Jean-Jacques Manceau, expert en finances personnelles et auteur du blog My Little Money.

C’était dans les tuyaux depuis plusieurs mois, mais c’est désormais officiel, Pôle emploi l’a confirmé à Capital. Dans moins de deux mois, les cadres devront s’adresser au guichet commun, comme tous les demandeurs d’emploi non cadres. L’établissement public va fermer ses 15 espaces cadre (dont 11 en Ile-de-France). Les conseillers en charge des chercheurs d’emploi cadres ont été prévenus, mais encore pas les chômeurs. Ils devraient recevoir dans les prochains jours une lettre pour les informer qu’ils n’auront plus accès à ces espaces dédiés, des cocons douillets, calmes et confortables dans lesquels ils suivaient leurs formations et tenaient leurs rendez-vous avec leur conseiller. Un niveau de confort qui n’est visiblement plus compatible avec le plan stratégique 2015-2020 de Pôle emploi qui prévoit une réorganisation complète pour parvenir à une “organisation simplifiée”.

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Pôle emploi : les agressions persistent

350 agents de Pôle emploi ont été agressés physiquement dans la région Île-de-France entre janvier et juin. L'agence de Sarcelles (Val-d'Oise) a même dû fermer la semaine dernière après des actes de vandalisme.


Pôle emploi : les agressions persistent

Elle veut rester anonyme. Cette conseillère emploi travaille à l'agence de Sarcelles (Val-d'Oise) dans un climat de peur permanent. "On a régulièrement des descentes de police pour maîtriser des demandeurs d'emploi qui se comportent trop violemment. Le mois dernier, il y a une collègue qui a été menacée de mort. Oui, on a peur, bien sûr. On a peur qu'ils passent à l'acte", confie-t-elle.

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Pôle emploi : quand les offres d'emploi sont des arnaques

Un homme a perdu 1 370 euros en répondant à une petite annonce, raconte "L'Obs". Le problème est endémique pour l'établissement public.

Sur le site de Pôle emploi, l'offre était plutôt alléchante : « Recherche collecteur de fonds privés. » En août dernier, Jean est au chômage depuis quatre mois, raconte L'Obs , et le salaire annoncé de 1 500 euros net est tentant. Après un premier contact par téléphone, il passe outre ses réserves et décide de postuler. Le travail consiste à « récolter les chèques auprès de sept locataires, les déposer sur [son] compte, conserver 250 euros, puis reverser la somme restante » sur le compte de l'employeur.

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