Vers un rapprochement Pôle Emploi – Agefiph ?

Dans le cadre de la nouvelle offre de services pour favoriser l'emploi des personnes en situation de handicap, les questions sont posées : Qui va faire quoi ? Comment ? Sous quelle gouvernance ? A quand des réponses concrètes ?

Selon nos sources, rien n'est encore décidé concernant le rôle de l'Agefiph et du FIPHFP dans le cadre des relations avec Pôle Emploi. Une chose est certaine, il va y avoir du changement ! La « fuite » du document de travail, rédigé par les services de l'État le 4 juillet 2019, dont l'ancienne présidente de l'Agefiph, Anne Baltazar s'est fait l'écho, n'a pas manqué de « crisper » les différents acteurs. Certes, ce document avait de quoi heurter certains collèges de l'Agefiph (organisme paritaire co-géré par les syndicats de salariés, les organisations patronales et les associations de personnes handicapées) mais il pose la question essentielle de l'avenir de l'Agefiph.

Des rapports peu élogieux

Cet organisme dont la mission est de favoriser l'insertion professionnelle et le maintien dans l'emploi des personnes handicapées dans le privé a fait l'objet, en 2018, d'un rapport de la Cour des comptes peu élogieux, suivi de près par ceux de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) et de l'IGF (Inspection générale des finances) guère plus tendres. La direction de l'Agefiph a alors entamé un plan de réforme qui passe par la définition d'une nouvelle offre de services en collaboration avec le FIPHFP (Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique). C'est là que Pôle Emploi entre dans la danse. Son rapprochement avec Cap emploi (structure financée par l'Agefiph, qui a pour vocation d'accompagner les travailleurs handicapés vers le chemin de l'emploi tout en assurant le suivi de leur placement) s'était réalisé à la grande satisfaction de tous les acteurs.

Co-construction nécessaire

Aujourd'hui, l'enjeu est de définir un nouvel écosystème qui établisse une juste répartition des compétences entre l'Agefiph, Pôle Emploi et les représentants des salariés et des employeurs. Cette répartition devrait se matérialiser par l'élaboration d'un catalogue de services communs qui fait actuellement l'objet de travaux entre les représentants de l'Agefiph, de Pole Emploi et du FIPHFP. Ce sera l'occasion d'apprécier la maturité des acteurs à conduire ensemble cette politique de changement, sortir du cloisonnement habituel et démontrer qu'une co-construction est possible. Or les associations représentatives des personnes handicapées s'estiment mises de côté et ne cachent pas leur inquiétude. Elles redoutent, selon leurs déclarations, « qu'aucune place ne soit laissée aux personnes concernées ni aux acteurs associatifs dans la gouvernance de la politique d'emploi des personnes en situation de handicap ». Il serait inconcevable que les associations soient écartées de cette réforme.

Logique gouvernementale

Cette réforme s'inscrit dans le cap défendu par le gouvernement d'insérer la politique du handicap dans le droit commun. Des conseillers Pôle emploi ont commencé à être formés à l'accueil des personnes en situation de handicap, perspective qui pourrait, à terme, signer la fin des Cap emploi. Pour cesser, enfin, d'envisager le handicap comme une situation à part !

Pour l'Agefiph et le FIPHFP, leur survie passe par une véritable reconnaissance de leur expertise qui agit plus largement que celle de Pôle Emploi dans le champ du handicap.

Une chose est sûre, le chômage des personnes handicapées n'a jamais été aussi haut. Le système actuel est à bout de souffle et doit évoluer.


handicap.fr Gilles Barbier