Pôle emploi réclame 130.000 euros à un médecin d'Angers

Un médecin a bénéficié de 133.972 euros d’allocation d’aide aux travailleurs privés d’emploi durant trois ans, alors qu'il travaillait.

La justice devra se prononcer sur cette affaire le 23 septembre 2019. Âgé de 59 ans, Olivier, un médecin d'Angers est accusé de fraude par Pôle emploi. Entre janvier 2014 et août 2016, l'agence lui a versé 133.972 euros d’allocation d’aide aux travailleurs privés d’emploi. Pourtant, durant toutes ces années, il a travaillé comme médecin et ainsi encaissé des revenus. "Ce n’est pas moi qui ai perçu ces rémunérations, c’est une personne morale, la société", s'explique l'accusé à la barre du tribunal correctionnel d'Angers. Une défense qui ne semble pas convaincre la présidente du tribunal, Nathalie Bujacoux, comme le rapporte Le Courrier de l'Ouest. "Vous jouez sur les mots. C’est bien vous, personne physique, qui avez effectué ces consultations et ces visites et mis de côté tout ce que gagnait votre société", lui lance-t-elle alors.

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Mais l'accusé reste sur ses positions et assure qu'il n'a pas touché un centime de cette activité. "Je n’ai rien perçu. Pour l’instant, c’est le Crédit Mutuel », répond le médecin. De son côté, l'avocat de Pôle emploi qui lui réclame l'argent estime qu'il a délibérément organisé cette fraude. "C’est une personne qui touche des prestations de chômage alors qu’il n’est pas au chômage. Sa société a pour vocation de créer un capital, pour pouvoir réinvestir les fonds dans deux autres entreprises. Pôle emploi n’a pas pour vocation de servir de banquier à des gens qui ne sont plus en recherche d’emploi".

Quatre mois de prison avec sursis requis

Alors que l'avocat du médecin assure que son client n'a jamais eu l'intention de frauder et qu'il a simplement appliqué les textes de loi, le procureur, parle de "détournement" de prestations. "Il n’a fait preuve ni de sincérité ni de transparence" pour sa déclaration à Pôle emploi. "Ces allocations de retour à l’emploi n’ont pas vocation à financer une société. Ce sont des deniers publics". Il requiert une peine de quatre mois de prison avec sursis. La décision a été placée en délibéré.

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MARINE THORON