ASSURANCE-CHÔMAGE : LA RÉFORME PÉNALISERAIT 40% DES DEMANDEURS D'EMPLOI

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La réforme de l'assurance-chômage qui s'appliquera à partir du 1er novembre devrait impacter de nombreux demandeurs d'emploi.

40%, c'est le pourcentage de chômeurs qui devraient être pénalisés par la nouvelle réforme qui entrera en vigueur à partir du 1er novembre prochain. D'après un "document de travail" réalisé par l'Unédic et que s'est procuré Le Monde, les craintes exprimées par les syndicats seraient confirmées. Trois nouvelles dispositions, qui entreront en application entre novembre 2019 et avril 2020, vont particulièrement impacter les demandeurs d'emploi. Tout d'abord, les conditions d'accès à l'allocation chômage vont être durcies : il faudra désormais avoir travaillé minimum six mois sur les 24 derniers mois pour y avoir droit contre quatre sur 28 à l'heure actuelle. Cette mesure, qui devrait rapporter 900 millions d'euros en 2020, impactera surtout les plus jeunes qui "ont des droits plus courts avec des salaires de référence plus faibles", souligne l'étude.

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Pour ceux qui percevaient un salaire élevé (plus de 3.500 euros net par mois) et qui se retrouvent au chômage, leur allocation diminuera sensiblement à partir du septième mois. Entre 1 000 à 2 000 nouveaux allocataires devraient être touchés par cette mesure à partir de 2020. 20 millions d'euros d'économies seront ainsi réalisés en 2020, 140 millions en 2021 et 350 millions en 2026, grâce à cette nouvelle disposition.

Le ministère du Travail se défend

Et troisième point de crispation : la nouvelle formule de calcul des droits, qui impactera 37% des nouveaux allocataires, soit plus de 850.000 personnes. Leur allocation journalière nette devrait baisser de 19% en moyenne. Là encore, grâce à cette nouvelle méthode de calcul, près de 250 millions d'euros en 2020 et 1,1 milliard en 2021 devraient être économisés.

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Selon l'entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, relayé par Le Monde, cette étude de l'Unédic ne prend pas en compte les "changements de comportements" au niveau des entreprises et des salariés, qui découleront de ces nouvelles mesures. Du côté du ministère, on regrette également qu'il ne soit pas stipulé que "20 % des chômeurs bénéficient d’une allocation supérieure au salaire mensuel moyen qu’ils percevaient quand ils étaient en activité". Des "inéquités" que le gouvernement souhaite gommer avec la nouvelle formule de calcul de l'indemnisation.

 

CLAIRE DOMENECH