Les salariés de Pôle emploi expriment leur inquiétude


Face aux mesures de confinement, les agences Pôle emploi continuent de fonctionner. Une décision qui impacte fortement l’organisation du travail au sein des agences et l’activité des salariés.


Dans les rangs de 4.800 personnes employées par Pôle emploi en France, c’est l’inquiétude. En pleine épidémie de coronavirus et alors que le pays est sous le coup de nouvelles mesures de confinement, les agences continuent de fonctionner dans l’Hexagone. Les entretiens ne se font plus que sur rendez-vous alors que les événements en agence sont annulés. Un chamboulement soudain qui soulève de nombreuses questions du côté des agents de Pôle emploi, détaille Le Parisien. Le syndicat SNU Pôle emploi a ainsi dénoncé, le 17 mars dernier "une cacophonie générale en région".

Il faut dire que les questions sont nombreuses : les agents fragiles doivent-ils rester chez eux ? Sur quelles activités faut-il se concentrer : gestion d’inscriptions, actualisation, indemnisation, urgences ? Qui peut télétravailler et qui doit être présent en agence ? Autant de questions auxquelles a tenté de répondre, dans un mail, le patron de Pôle emploi, Jean Bassères. Mais, selon le Parisien, loin de rassurer, ce mail a mis le feu aux poudres. La faute à des mesures jugées "contradictoires".

Mesures "incompréhensibles"

Parmi les mesures dénoncées : alors que les agents sont confinés et censés limiter les déplacements, certaines mesures prévoient de faire revenir des agents en nombre sur site sans définir clairement ce qu'ils ont à faire. Des mesures "incompréhensibles" pointées du doigt par plusieurs syndicats au point que le recours au droit de retrait commence à se multiplier au sein des agents.

De son côté, Pôle emploi a tenté de rassurer : "On est mobilisés pour répondre aux besoins de nos publics, mais cette crise demande une nécessaire adaptation. Nous mettons tout en œuvre pour y répondre au plus vite et au mieux". Une organisation nécessaire et urgente, rappelle La Provence, alors que de nombreuses entreprises ont déjà recours au chômage partiel pour faire face à la crise provoquée par le COVID-19.

 

ANNICK BERGER

Mail de Jean BASSERES du mercredi 18 mars 2020
Sujet : Epidémie de COVID-19 : mise en œuvre des missions essentielles de Pôle emploi


Mesdames, Messieurs, chers collègues,

Dans la période de crise sanitaire que nous traversons, notre mission au service des demandeurs d’emploi et des entreprises est fondamentale. Nous devons la mener à bien, tout en prenant toutes les mesures pour préserver la santé de chacun de nos collègues, comme de nos usagers. J’adresse à cet égard tous mes vœux de prompt rétablissement à nos collègues malades ou proches d’une personne malade.

Dans ce contexte, Pôle emploi s'organise, dans le strict respect des mesures gouvernementales, pour assurer la continuité du service public en se recentrant sur ses activités essentielles. Une liste précise de ces activités à date est annexée à ce mail et sera publiée, pour l’information de tous, sur l’intranet. Naturellement, elle ne signifie pas que les autres activités ne peuvent pas continuer à être assurées, si vous en avez la possibilité, depuis chez vous : cette liste reflète simplement les missions incontournables que Pôle emploi doit remplir, avec ses capacités actuelles, jusqu’à nouvel ordre.

Beaucoup de ces activités essentielles peuvent être réalisées à distance : plus du tiers de nos collaborateurs sont équipés de solutions professionnelles de télétravail, nous sommes en train d’augmenter ces capacités et les équipes sont très fortement mobilisées pour résoudre les difficultés techniques. Nombre d’entre vous, qui n’avez pas besoin d’accéder aux outils métier pour accomplir vos tâches, pouvez également utiliser des ordinateurs personnels. Tous devront être extrêmement vigilants pour respecter les règles de sécurité informatique et de protection des données personnelles de nos usagers et de nos collègues.

La réalisation de ces missions essentielles nécessite cependant, en complément du télétravail, une présence dans nos agences et nos structures. Nous avons une mission de service public, et bien souvent ce sont les plus en difficulté de nos concitoyens qui nous sollicitent : si le contact dématérialisé, par mail ou par téléphone, est impossible, nous devons leur proposer un rendez-vous. Même en temps de crise, surtout en temps de crise, nous devons accueillir sur rendez-vous les usagers dont la situation l’exige. Nous devons faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin. C’est notre mission.

Nous ne transigerons toutefois pas avec la santé de nos collègues qui seront en contact avec les usagers. Les « gestes barrière » (se laver les mains régulièrement et avec application, ne pas se serrer la main ni s’embrasser, éternuer ou tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique) et la distance de 1 mètre devront être scrupuleusement respectés.

La situation dans laquelle nous nous trouvons évolue de jour en jour. Il nous faudra nous adapter. Quelles que soient son évolution et celle de nos capacités de travail à distance, nous devrons mettre tout en œuvre pour que nos usagers puissent nous contacter, par tous les moyens, et pour que les demandeurs d’emploi soient indemnisés.

Je suis en contact plusieurs fois par jour avec vos directeurs régionaux, pour adapter avec réactivité notre organisation à l’évolution de la situation. Vos managers, dans tous nos établissements, vous accompagnent pour faire face : je sais la difficulté particulière de leur mission aujourd’hui, comme de celle de chacune et chacun d’entre vous, et je veux vous témoigner mon soutien. Dans cette période, plus que jamais, je compte sur votre solidarité, votre engagement, et votre sens du service public.

Bien à vous,

Jean Bassères