Réforme de l'assurance-chômage : la CFDT repart à la charge

Le syndicat a redit ce lundi tout le mal qu'il pense des projets de décrets du gouvernement, à la veille de leur consultation par les partenaires sociaux. Pas question pour autant d'abandonner l'Unédic, ne serait-ce que pour conserver l'accès à une contre-expertise indépendante.

En attendant de voir ce qu'en dira le Conseil d'Etat, les projets de décrets du gouvernement réformant l'assurance-chômage vont passer leur premier test ce mardi devant les partenaires sociaux. Le ministère du Travail n'a pas grand-chose à craindre puisque leur avis est consultatif. Cela ne devrait pas empêcher syndicats et patronat de redire tout le mal qu'ils pensent d'une réforme qui leur a été imposée dans la foulée de l'échec, mi-février, de leur négociation.

La CFDT ne s'est pas privée de repartir à l'attaque ce lundi devant quelques journalistes. Pour Marylise Léon, la numéro deux de la confédération, les « fondamentaux » même du régime sont ébranlés par la nouvelle formule de calcul de l'allocation. Celle-ci privilégie une moyenne mensuelle des salaires antérieurs et non plus sur les seuls jours travaillés. « Il y aura un impact certain sur tous ceux qui ne travaillent pas en continu », a-t-elle asséné. Sans oublier tous ceux qui vont basculer au RSA, a pointé Patricia Ferrand, la présidente (CFDT) de l'Unédic.

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Vers un rapprochement Pôle Emploi – Agefiph ?

Dans le cadre de la nouvelle offre de services pour favoriser l'emploi des personnes en situation de handicap, les questions sont posées : Qui va faire quoi ? Comment ? Sous quelle gouvernance ? A quand des réponses concrètes ?

Selon nos sources, rien n'est encore décidé concernant le rôle de l'Agefiph et du FIPHFP dans le cadre des relations avec Pôle Emploi. Une chose est certaine, il va y avoir du changement ! La « fuite » du document de travail, rédigé par les services de l'État le 4 juillet 2019, dont l'ancienne présidente de l'Agefiph, Anne Baltazar s'est fait l'écho, n'a pas manqué de « crisper » les différents acteurs. Certes, ce document avait de quoi heurter certains collèges de l'Agefiph (organisme paritaire co-géré par les syndicats de salariés, les organisations patronales et les associations de personnes handicapées) mais il pose la question essentielle de l'avenir de l'Agefiph.

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Comment sont calculés les chiffres du chômage ?

Quelle est la différence entre la méthode de calcul des chiffres du chômage selon l'Insee et le nombre de demandeurs d'emploi défini par Pôle emploi ? Toutes les réponses en vidéo !


 

Point sur la trajectoire financière du régime d’Assurance chômage avant la réforme

L’Unédic anticipe un retour à l’équilibre de l’Assurance chômage fin 2020. Le solde financier du régime s’améliorerait d’année en année. Après un déficit de – 1,7 Md€ en 2019, son solde serait de - 0,5 Md€ en 2020, puis il serait excédentaire de + 1,2 Md€ en 2021 et de + 3,3 Mds€ en 2022.
Avec des perspectives de croissance identiques à celles de ces derniers mois, le retour à l’équilibre interviendrait fin 2020, comme annoncé en mars dernier. La dette de l’Assurance chômage se stabiliserait fin 2020 à 37,8 Mds€. Le désendettement serait engagé fin 2021.

Avant le rapport sur les perspectives financières 2019-2022 qui sera publié à la rentrée et alimenté par une étude d’impact des nouvelles règles d’indemnisation (post-décret), le Bureau de l’Unédic a examiné et adopté, comme tous les quatre mois, le point sur la trajectoire financière du régime d’Assurance chômage.

Un contexte conjoncturel inchangé par rapport au précédent exercice

Les prévisions financières de l’Unédic s’appuient sur les hypothèses de croissance et d’inflation du Consensus des économistes. Les hypothèses de croissance du PIB de juin 2019 sont identiques à celles de mars dernier. Les dépenses d’Assurance chômage au premier semestre 2019 ont été légèrement plus fortes qu’anticipé en mars 2019. Par ailleurs les recettes constatées sont plus élevées que ce qui était prévu en mars dernier. Cet écart aurait plutôt tendance à se maintenir les années suivantes avec une prévision de masse salariale très proche de celle présentée en mars. Au final, le retour à l’équilibre serait attendu au second semestre 2020, comme annoncé lors du précédent exercice de prévision.

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Assurance-chômage: ce petit pourcent supplémentaire qui fait grincer des dents

La contribution de l’Unédic sera majorée d’un point, passant de 10 % à 11 % de ses ressources pour financer Pôle emploi

Le ministère du Travail a transmis aux partenaires sociaux le projet de décret de la réforme de l’assurance-chômage.

Les grandes lignes de la réforme de l’assurance-chômage, présentées le 18 juin, avaient suscité le mécontentement des partenaires sociaux. Le patronat était irrité par l’instauration du bonus-malus sur les cotisations assurance-chômage. De leur côté, les syndicats étaient vent debout contre le durcissement des règles appliquées aux demandeurs d’emploi.

Mais c’était avant de connaître le détail des mesures. Le projet de décrets de la réforme que leur a transmis, cette semaine, le ministère du Travail ne les a pas fait décolérer, loin de là. Ainsi ont-ils découvert une augmentation de la «ponction» du budget de l’Unédic pour financer Pôle emploi. La contribution de l’Unédic sera majorée d’un point, passant de 10% à 11% de ses ressources, à compter du 1er janvier 2020.

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Assurance chômage : le gouvernement fâche (encore) les partenaires sociaux

Après avoir imposé des économies drastiques à l'Unédic, l'exécutif lui réclame de financer davantage le fonctionnement de Pôle Emploi. Du pur «cynisme», dénonce la CFDT. Une «hypocrisie», pour la CPME.

C’est une ligne perdue dans les centaines de pages et d’annexes du décret d’application de la réforme de l’assurance chômage, envoyé mercredi aux partenaires sociaux, qui a remis le feu aux poudres. Déjà très remontés contre les mesures de durcissement des conditions d’accès et d’indemnisation à l’assurance chômage, présentées mi-juin, par la ministre du Travail, les syndicats ont tous bondi en apprenant la nouvelle : l’Etat va demander à l’Unédic d’accroître de 1% sa contribution au financement de Pôle Emploi. Une décision «unilatérale» et «inattendue», assurent, en chœur, les représentants syndicaux.

Le sujet est un brin technique : depuis 2008, l’Unédic, en charge de la gestion paritaire de l’assurance chômage, doit verser 10% des cotisations chômage collectées à Pôle Emploi, qui s’occupe, lui, du placement et de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. En 2018, l’enveloppe représentait 3,7 milliards d’euros. Désormais fixée à 11%, cette contribution va donc s’alourdir de quelques centaines d’euros, soit un coût additionnel avoisinant les 377 millions d’euros. Pas vraiment raccord avec la volonté du gouvernement de faire faire 3,4 milliards d’euros d’économies à l’Unédic avec cette réforme. Pour la CFDT, ce choix est «totalement incohérent alors même que le gouvernement justifiait la baisse des droits [des chômeurs] pour accélérer le désendettement de l’Unédic».

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