Pôle Emploi dématérialisé : le casse-tête des travailleurs précaires

Documents refusés, versements différés, droits erronés... Alors que Pôle emploi se numérise, l'indemnisation se complexifie pour ceux qui enchaînent et cumulent les contrats et travaillent sur de courtes durées ou à temps partiel. Des syndicats déplorent une charge de travail accrue pour les conseillers.

Avec la réforme de l'assurance chômage entrée en vigueur le 1er novembre, "le prix à payer pour les demandeurs d’emploi, et en particulier les plus précaires d’entre eux, sera colossal", évalue Mediapart qui a simulé les conséquences sur les allocations versées selon les profils. Par exemple, l'allocation de Nadia, qui a travaillé un mois sur deux pendant deux ans, "baisse d'un tiers". Les autres exemples donnés dans Le Monde affichent les premiers impactés : les CDD. C'est un nouveau coup dur pour ces contrats précaires qui font déjà face au casse-tête d'un Pôle emploi de plus en plus numérisé.

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Assurance-chômage, une réforme punitive

Editorial. Les premières dispositions de la réforme, qui entrent en vigueur vendredi 1er novembre, ouvrent certes des droits mais durcissent les conditions d’éligibilité. Avec le risque d’étendre la précarité qu’une telle mesure prétend combattre.

Editorial du « Monde ». Depuis quelques jours, Muriel Pénicaud fait la promotion de la réforme de l’assurance-chômage, concoctée à l’abri des partenaires sociaux, qui n’avaient pas réussi à s’entendre, par le seul gouvernement. La ministre du travail est dans son rôle quand elle valorise deux innovations qui étaient des promesses d’Emmanuel Macron. La première concerne les salariés démissionnaires, qui pourront bénéficier d’une indemnisation s’ils ont un « projet professionnel ». Mais les conditions sont tellement strictes qu’il ne devrait y avoir qu’entre 17 000 et 30 000 élus chaque année. La seconde vise les travailleurs indépendants, qui auront désormais droit à une allocation de 800 euros par mois pendant un semestre. Là aussi, l’effet sera limité, avec 30 000 bénéficiaires par an.

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« Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » : des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme

La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 million de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle emploi qui décryptent le nouveau système et ses conséquences.

C’est une véritable machine à fabriquer de la pauvreté qui va se mettre en branle à partir du 1er novembre. Même les agents du Pôle emploi en prennent le vertige. « Je n’ai jamais vu ça, un tel durcissement, aussi violent, lâche Aurélie, agente dans l’ouest de la France depuis dix ans. On touche les gens au portefeuille, on ne leur laisse plus de solutions. » L’objectif annoncé de la réforme : économiser 3,4 milliards d’ici fin 2021. Tout en mettant au passage un énorme coup de pression sur les demandeurs d’emploi, une nouvelle fois rendus responsables de leur situation.

Ces économies drastiques seront entièrement financées par les demandeurs, et plus particulièrement par les plus précaires d’entre eux – en intérim ou en CDD. La première étape démarre ce 1er novembre, avec un durcissement des conditions qui permettent d’ouvrir ses droits à l’assurance-chômage. La seconde débutera le 1er avril 2020, avec une chute brutale du montant des indemnisations.

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Chômage : Le nombre d’inscrits à Pôle emploi continue de baisser

Selon les derniers chiffres de Pôle emploi, le nombre de personnes inscrites auprès de l’institution est actuellement de 3,3 millions. Un recul de 2,4 % en un an.

Le 25 octobre, Pôle emploi a publié ses dernières statistiques, une semaine avant l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage. Constat : au troisième trimestre, le pays comptait 3,3 millions de personnes inscrites auprès de l’organisme, en catégorie A (1). En trois mois, ce chiffre a diminué de 0,4 %. Sur un an, le recul est de 2,4 %.

La baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi est encore plus importante lorsque l’on tient compte des catégories B (2) et C (3), avec – 0,9 % entre juillet et septembre 2019, pour un recul de 2 % en un an et 5,8 millions de personnes au total. Elle est surtout marquée pour les demandeurs d’emploi en catégorie C (ayant travaillé plus de 78 heures par mois), avec – 2,4% au troisième trimestre.

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Assurance chômage : le droit d'alerte de la CFDT aux parlementaires

Avant l'entrée en application de la réforme de l'assurance chômage, vendredi, la CFDT a écrit aux députés et sénateurs pour les informer des "conséquences terribles" des mesures d'économies sur la vie des demandeurs d'emploi.

Sa mise en œuvre a beau démarrer vendredi, la réforme de l’assurance chômage ne passe toujours pas à la CFDT qui a envoyé mi-octobre un courrier d’alerte à tous les députés et sénateurs. Qualifiée de "tuerie" par Laurent Berger, le numéro un de la centrale, elle va affecter dès la première année les droits d’un chômeur sur deux, soit 1,3 millions de personnes, d’après les calculs de l’Unedic. Tous les secrétaires généraux du premier syndicat de France ont donc écrit aux députés et sénateurs de leur région pour leur faire prendre conscience des "conséquences terribles pour les demandeurs d’emploi sur lesquels portent la quasi-totalité des économies budgétaires", écrivent-ils.

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Erreur de Pôle emploi en votre défaveur : garder des nerfs d’acier

C’est une histoire invraisemblable, comme Pôle emploi en produit parfois. Celle d’un trop-perçu réclamé avec force à un demandeur d’emploi…qui en réalité ne devait rien. C’est l’histoire de son combat acharné face à l’institution. Une bataille qui en dit long sur la difficulté à prouver son intégrité, alors que les droits des chômeurs vont encore être diminués par la réforme de l’assurance chômage, le 1er novembre prochain.

Paul* a gagné son combat mais ne s’estime pas heureux pour autant. Il reste sidéré par la violence avec laquelle « le rouleau compresseur Pôle emploi » l’a écrasé. « On a remis en cause mon honnêteté et mes droits. C’est insupportable » raconte-t-il, encore secoué par ce qu’il a vécu tout récemment. « Pendant deux mois, le directeur de mon agence et le service des fraudes se sont acharnés sur moi alors que je leur apportais des preuves de ma bonne foi. J’étais dans une impasse. »

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